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FIC 2016 : un smart grid piraté ... dans une simulation

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Par publié le à 10h04

FIC 2016 : un smart grid piraté ... dans une simulation

Grâce à la plate-forme CHESS, l'IRT SystemX est capable de tester la cybersécurité d'un smart grid. Il s'agit d'un premier cas d'usage.

Présent au forum international de la cybersécurité (FIC), l'institut de recherche technologique SystemX ne passe pas inaperçu. Sur son stand, les visiteurs peuvent découvrir la reproduction miniature d'un quartier intelligent connecté au système de production énergetique. Surtout, ces derniers peuvent visualiser directement les conséquences, plus ou moins catastrophiques, que pourrait provoquer le piratage de ce "système de systèmes". Une démonstration éloquante. 

 

Si des hackers pirataient le système informatique d’un quartier intelligent directement connecté au système d’information de l’opérateur et aux unités de production d’énergie, quelles conséquences une telle manipulation pourrait-elle avoir ?  C’est justement la question sur laquelle s’est penchée l’IRT SystemX, dans le cadre de la plate-forme CHESS, pour Cybersecurity hardening environment for systems of sytems. Lancée en octobre dernier à l’occasion des Assises de la sécurité de Monaco, cette plate-forme vise à simuler et à analyser les failles de cybersécurité des Smart Cities.  Financée à hauteur d’un million d’euros par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), elle est développée en collaboration avec plusieurs industriels.

Une faille dans la passerelle qui connecte le compteur au réseau

Comme annoncé lors du lancement, l’équipe en charge du projet a mené ses premières expérimentations autour du Smart Grid, en partenariat avec Engie. L'industriel a, en effet, apporté son expertise métier afin de permettre à l'institut de recherche de simuler le fonctionnement d'un réseau intelligent. Et, au Forum international de la cybersécurité (FIC 2016), qui se tient actuellement à Lille, le stand de SystemX ne passe pas inaperçu. Dans leurs cartons, les chercheurs ont ramené une véritable maquette d’un quartier intelligent où l’on retrouve des bâtiments connectés, un dispositif de recharge de véhicules électriques, le système d’information de l’opérateur et les unités de production d’énergie renouvelable. « C’est ce que nous appelons un système de systèmes », explique Philippe Wolf, en charge du projet EIC, dans lequel s’inscrit la plate-forme CHESS. « L’objectif est de simuler les usages de demain pour détecter des vulnérabilités », poursuit-il. L’étape suivante consiste à envisager les différents impacts possibles en étudiant les effets papillons et domino.

Des vulnérabilités, l’équipe de recherche n’a pas mis beaucoup de temps pour en trouver. Les experts ont très rapidement identifié une faille au niveau de la passerelle utilisée pour connecter le compteur électrique à la maison mère, grâce (ou plutôt à cause) d’un mot de passe trop faiblement sécurisé. « Nous avons pu prendre le contrôle de cette passerelle et reproduire ses fonctions dans un concentrateur de données, afin d’envoyer de mauvaises informations au système », raconte Philippe Wolf. Un hacker pourrait alors exploiter cette faille pour modifier les données et faire croire à une consommation énergétique beaucoup plus basse que la consommation réelle. Une telle manipulation pourrait, par exemple, totalement fausser les facturations, dont le logiciel est intégré au système d'information bureautique de l'opérateur, lui-même connecté au quartier intelligent.

Le Black Out : le scénario que redoute l'Anssi

Mais un scénario beaucoup plus dramatique peut très bien être imaginé : si le hacker décide de gonfler artificiellement les données de consommation, ce sont les unités de production qui vont tourner à plein régime. Le système peut-il supporter une telle activité ou cela mène-t-il à un Black Out total ? « C’est bien ce type de déroulement que redoute particulièrement l’Anssi », confirme Nabil Bouzerna, architecte plate-forme chez SystemX. Pour éviter qu’un tel scénario catastrophe ne se produise, l’IRT SystemX a identifié plusieurs contre-mesures : un travail sur l’hygiène informatique pour renforcer la sécurité des mots de passe, un chiffrement du protocole de communication et l’isolement des fonctions critiques.

La Smart City n’est pas la seule experimentation menée par l’IRT SystemX. La plate-forme CHESS a, en effet, été conçue et dimensionnée dès le départ pour pouvoir travailler sur différents cas d’usage. « Nous n’avons pas ramené la maquette avec nous, mais au laboratoire nous avons mis au point une approche similaire avec les transports intelligents », confie un membre de l’institut de rercherche. Cette fois-ci, le projet fédère une batterie d’industriels : Peugeot PSA, Renault, Valeo, Alstom, mais aussi la RATP et Airbus.

Découvrez la vidéo de présentation de la plate-forme CHESS : 

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