Industrie et Technologies : Veille des technologies émergentes et des solutions innovantes. Ingénieur de l'année, CNISF et derniers brevets
Article Précédent
Article Suivant

BT3 Technologies imperméabilise le papier

| | | | | | |

Par publié le à 18h23

bt3 technologies

La jeune société iséroise développe un procédé innovant pour fonctionnaliser des papier ou des textiles organiques. En les rendant résistants aux graisses, à l'eau ou aux gaz, il ouvre la voie à de mutliples applications, au premier rang desquels des emballages biosourcés ou des cartons hydrophobes.

 

C’est une histoire de persévérance que celle de BT3 Technologies. La persévérance de son créateur, Daniel Samain, qui depuis quinze ans peaufine son procédé de chromatogénie et devrait bientôt voir ses efforts porter leurs fruits. La chromatogénie ? Ce processus physico-chimique permet la déposition efficace de barrières aux graisses, aux gaz ou à l’eau sur des matériaux organiques : papiers, cartons, fibres textiles naturelles. Le procédé s'ouvre à de nombreuses applications, notamment la fabrication d’emballages alimentaires biosourcés, facilement recyclables, voire biodégradables.

« Rendre des papiers résistants à l’eau ou aux graisses, on savait déjà le faire. Mais cela passait par des procédés d’imprégnation liquide suivis de séchage. A l’échelle industrielle, ces méthodes sont trop lentes et donc difficilement rentables », résume Daniel Samain. Grâce à la chromatogénie, le chimiste créateur de BT3 Technologies estime pouvoir accélérer la vitesse d’imprégnation par un facteur 106. Il s’agit en fait de déposer grossièrement - goutte à goutte - le revêtement sur le substrat à traiter. Ensuite, une chauffe rapide fait passer ce revêtement à l’état de vapeur. Conséquente de cette vaporisation : un effet de diffusion immédiat et uniforme reléguant la bonne vieille dilution dans un solvant liquide à la préhistoire.

400 mètres de papier par minute

C’est en 1996 que Daniel Samain, alors chimiste dans un laboratoire de cancérologie au Centre Clauvis Regaud de Toulouse (31), aborde – pour des raisons toutes autres - la notion de tension de vapeur. Réalisant rapidement ses vertus pour l’imprégnation de matériaux organiques, et ses applications potentielles en papeterie, il se fait muter en 2003 au centre de recherche sur les macromolécules végétales (Cermav), à Grenoble (38). L’occasion aussi de prendre contact avec ses voisins chercheurs du Centre technique du papier (CTP). Affinant son concept avec leur assistance, il focalise ses efforts de R&D sur des barrières aux graisses pour les emballages alimentaires et enclenche dès janvier 2008 une demande de subventions européennes. 

Pari gagnant : deux ans plus tard, un procédé pilote, long de cinquante mètres, capable de traiter 400 mètres de papier par minute, voit le jour dans les locaux du CTP. En lui-même, ce procédé évoque une imprimerie : les rouleaux de papier, mis en mouvement par des rotatives, reçoivent le revêtement en points régulièrement espacés. Un rouleau chauffant opère ensuite la diffusion en vapeur. Une ultime étape aspire les gaz (chargés en sous-produits acides) issus de la réaction, qui sont neutralisées avant rejet.

A présent, la start up iséroise est en pleine phase de démonstration. « Pour chaque application, nous élaborons d’abord en laboratoire un revêtement adapté à la fonction recherchée. Un premier échantillon sur une feuille A4 permet de valider l’efficacité du traitement. S’il donne satisfaction, on passe sur une série préindustrielle », explique le patron de BT3. Une quarantaine d’applications sont actuellement en discussion. Parmi ses clients potentiels, la start-up compte beaucoup d’industriels du papier, dont un célèbre fabricant de cahiers, et de l’emballage. Sans décliner leur identité -secret industriel oblige- Daniel Samain, prévoit la mise sur le marché des premiers papiers traités par le procédé BT3 vers fin 2013, date de mise en service des premières unités industrielles sur des sites clients.

Vers l'international

En parallèle de la cession de licences pour ces "substrats en 2D", l’entreprise a revu son procédé pour fonctionnaliser des objets en 3D et partir à l’assaut de quelques marchés de niche. Daniel Samain évoque principalement des barquettes alimentaires, et des pots d’horticultures. En particulier, BT3 Technologies s’apprête à traiter des pots en cellulose moulée, un matériau biodégradable, par un revêtement hydrophobe. A la clé, elle espère améliorer la respiration du pot, synonyme de qualité horticole. « Nous devrions commercialiser quelques dizaines de milliers de ces pots biodégradables cette année. Nous verrons si le marché est réceptif », projette Daniel Samain.

D’ors et déjà, BT3 Technologies a les yeux tournés vers l’international. Outre ses collaborations avec le CTP et plus récemment avec l’Institut Français du Textile et de l’Habillement (IFTH), la start-up est en contact régulier avec l'Institut Fraunhofer de génie des procédés et emballages (IVV) à Munich. « Les pays nordiques sont plus en avance sur la gestion de fin de vie des emballages et le développement de produits biosourcés. En ce sens, notre procédé a suscité le vif intérêt de l’institut IVV », s’enthousiasme David Samain. 

BT3 en bref :
Création : septembre 2010
Créateur : Daniel Samain
Implantation : Meylan (38)
Effectif : 4 personnes
Site web : http://www.bt3technologies.com
Tél : 04 58 00 12 73
E-mail : contact@bt3technologies.com

 

Partagez l’info :

Envoyer à un ami
Abonnez-vous et accédez à l’intégralité de la veille technologique

Commentaires

Réagissez à cet article

* Informations obligatoires

erreur

erreur

erreur

Veille technologique

pour les professionnels de l’industrie
S’abonner

S’inscrire à l’hebdo de la techno :

Rechercher sur Industrie & Technologies